La culture
Chaque pièce yama sort des mains d'une artisane des hauts plateaux boliviens. Ici, on remonte le fil de cette culture : ses techniques, ses matières, et ce qu'elle raconte vraiment.
Les motifs que tu vois sur nos bonnets ne sortent pas d'un moodboard. Ils appartiennent à une grammaire visuelle vieille de plus de trois mille ans, transmise de mère en fille dans les hauts plateaux de Bolivie, geste après geste.
À l'origine de chaque bonnet yama, il y a une artisane bolivienne, un métier transmis depuis des générations, et un territoire : les Andes, là où ce savoir-faire est resté le plus vivant.
« Avant d'être un accessoire, c'est une langue. Une langue faite de fils, de couleurs et de motifs. »
Un chullo, ce bonnet aux oreillettes typique des Andes, n'est jamais anodin. À l'origine, ses motifs et ses couleurs permettaient de savoir d'où venait la personne qui le portait : une région, une communauté, parfois même une famille.
Chaque couleur, chaque motif, raconte une appartenance. Et chaque artisane réinterprète ces formes à sa manière, selon sa région et sa communauté.
Une culture qui résiste
Le tricot est arrivé dans les Andes avec la colonisation espagnole, au 16e siècle. Mais les communautés andines en ont fait quelque chose de profondément leur, en y intégrant leurs propres codes, leurs propres couleurs, leur propre vision du monde.
Derrière le tricot, il y a aussi une tradition bien plus ancienne : le tissage à dos de ceinture, une technique préhispanique toujours utilisée aujourd'hui. En Bolivie, ces deux savoir-faire coexistent encore dans les mêmes communautés. C'est cette double histoire que porte chaque bonnet yama.
« Une technique qui voyage, une mémoire qui ne se laisse jamais effacer. »
Les couleurs viennent souvent de teintures naturelles : le rouge carmin de la cochenille, cet insecte qui vit sur les cactus, et le bleu de l'indigo, extrait d'une plante locale.
Pour la laine, c'est l'alpaga et le lama qui font chaque pièce yama. Il existe une fibre encore plus fine, la vigogne : un animal sauvage des Andes, autrefois réservé aux Incas. Ce n'est pas notre matière, mais elle fait partie de la même famille, celle des fibres précieuses des hauts plateaux.
« Rien n'est synthétique. Tout vient de la terre, de la plante, ou de l'animal. »
Dans les médias, l'Amérique du Sud est souvent réduite à ses crises. La culture andine est tout l'inverse : un savoir-faire millénaire, une transmission vivante, une richesse qui mérite d'être vue pour ce qu'elle est vraiment.
C'est cette culture-là, celle du savoir-faire, de la transmission et de la beauté, que yama a envie de partager avec le monde. Une culture à découvrir, pas à s'approprier.